Projet ferme municipale- Réunion publique 9 mars 2020

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Par Alice Vaysettes :

Merci Matthias et Valentin. Bonsoir, je suis Alice Vayssettes, 42 ans, mariée et maman, professeure des écoles en disponibilité pour suivi de conjoint, titulaire d’un bac+5 en géologie, je me forme actuellement à la permaculture. Mes études passées et actuelles m’ont amenée à m’intéresser aux sols et à leurs liens avec les plantes et les autres êtres vivants.

Dans le contexte de crise écologique et d’adaptation au changement climatique, l’Europe, l’Etat et le bon sens nous enjoignent, entre autres, de transformer notre agriculture pour réduire son impact sur l’environnement et de limiter nos émissions de gaz à effet de serre pour atténuer le changement climatique. Pour atteindre ces objectifs, une des mesures que l’Ademe, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, recommande de mettre en œuvre est l’autosuffisance alimentaire des territoires. C’est un des engagements des Villes en transition.

QU’EST-CE QUE L’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE ?

On peut la définir comme l’équilibre entre le nombre de résidents d’un territoire et la proportion de terres sur ce territoire destinées à les nourrir. A l’échelle de notre commune, et plus largement du Bassin d’Arcachon, on est loin de cet équilibre. Nous voulons sans tarder commencer à le rétablir, en développant le maraîchage bio à La TdB.

POURQUOI VOULOIR TENDRE VERS L’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE ?

  • Pour approvisionner nos cantines en légumes et fruits de qualité, bios et locaux, et donc à plus grande valeur nutritive
  • Pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre : actuellement, 30% du transport de marchandises en France est consacrée aux denrées agricoles alimentaires (source Ademe)
  • Pour stocker du carbone : un sol sain et vivant à une capacité de stockage de CO2 extrêmement élevée
  • Pour augmenter la biodiversité locale
  • Pour créer des emplois pérennes à l’année
  • Pour réduire les achats des cantines
  • Pour garantir des coûts stables pour l’alimentation des cantines et de tous même si les prix du carburant et des transports augmentent à long terme, car nous en serons indpdts
  • Pour rendre notre territoire plus résilient

COMMENT ?

  • En créant une ferme maraîchère en régie municipale sur l’ancien camping du Cap du Mount à l’entrée de Cazaux (on a là 5ha environ) et sur toutes les parcelles qui pourront  être identifiées comme compatibles, pour produire à destination des cantines, et plus si possible

En développant les jardins partagés, ouverts à tous et notamment à ceux qui ne disposent pas d’un jardin privé

 

  • En utilisant les techniques de l’agriculture biologique telles que l’agroforesterie, comme au Cap du Mount qui est déjà arboré, les arbres fournissant de nombreux services écologiques aux cultures en plus de contribuer à stocker du carbone et de maintenir un paysage agréable (il ne s’agit pas de transformer la TdB en commune de la Beauce, pas de monoculture)
  • De même nous planterons des arbres fruitiers de variétés anciennes et locales dans les espaces publics et dans les cultures maraîchères
  • En embauchant des agriculteurs formés aux techniques adéquates
  • En impliquant les établissements scolaires, périscolaires et centres de loisirs dans une démarche pédagogique à la ferme mais aussi en proposant aux habitants et usagers des jardins partagés de se former aux techniques agro-écologiques.
  • En reprenant la cuisine centrale en régie municipale, en lui ajoutant une fonction de conserverie pour conditionner la production de fruits et légumes. La régie municipale pour cette structure permettra une plus grande souplesse d’adaptation aux récoltes.
  • En luttant contre le gaspi alimentaire
  • En prenant exemple sur les communes ayant déjà mis en place de telles initiatives depuis plusieurs années, comme le font Lormont, Cenon, Bassens et Floirac qui ont rejoint le réseau « Cantines durables, territoires engagés », initié par la ville de Mouans-Sartoux, pionnière dans le domaine. On peut également s’inspirer de la ferme municipale de Cussac-Fort-Médoc qui fonctionne depuis 2018.
  • En valorisant le travail des agents de la municipalité, qui seront formés pour être des piliers de toutes ces actions

 

AVEC QUELS FINANCEMENTS ?

L’Europe ainsi que les instances de l’Etat sont pourvoyeurs d’aides et de subventions  pour les projets d’agriculture écologique. La Politique Agricole Commune (PAC) permet notamment d’obtenir des aides financières pour les projets en agroforesterie.

 

  • Plus proche de nous, la Région Nouvelle-Aquitaine a lancé un appel à projets en 2020 pour le soutien au développement des circuits alimentaires locaux et projets alimentaires de territoire. Renseignements pris notre projet serait éligible aux aides proposées dans ce cadre.
  • D’autre part, une des clés pour un passage en régie municipale et cultures biologiques sans surcoût de fonctionnement pour les cantines, c’est la réduction drastique du gaspillage alimentaire. Bien que certains soient déjà mis en place dans les cantines, il existe encore de nombreux leviers d’action simples à mettre en œuvre: 2 tailles de portions selon l’appétit du jour, pain en fin de self, etc…. Là encore le travail des agents de la municipalité sera capital, mais un travail en classe peut également être entrepris sur le sujet. Les enfants et adolescents, s’ils sont acteurs de leur alimentation,  en participant aux travaux de plantation ou de récolte dans le cadre des programmes de l’Education Nationale, seront capables de se responsabiliser.

CONCLUSION

On peut y arriver !! Ce projet de maraîchage municipal peut voir le jour sans que la ville s’endette et plus vraisemblablement sans surcoût pour les cantines. Je gage, au  vu des réussites des villes déjà avancées dans leur autonomie alimentaire, qu’à moyen et long terme les retombées économiques seront très positives, sans parler évidemment des bienfaits pour l’environnement et pour la santé des Testerines et des Testerins. MERCI !

 

6 - Alice Vayssettes Ferme Municipale